Anmir IGUE : L’intelligence économique et… l’Afrique

by Anmir IGUE

Anmir IGUE : L’intelligence économique et… l’Afrique

by Anmir IGUE

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L’économie de la connaissance et du numérique, ainsi que le contexte de guerre économique dans lequel nous évoluons de nos jours, place l’information au rang de matière première principale pour les acteurs politiques et économiques.

Acquérir et gérer l’information stratégique en faveur d’une organisation est donc devenu plus que jamais fondamental pour décider avec le moins d’incertitudes possibles tout en anticipant au maximum les risques.

L’intelligence économique (IE), à travers ses pratiques ou actions de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion de l’information stratégique à destination des décideurs, constitue un outil clé d’aide à la décision. Il permet de préserver, voire dynamiser la compétitivité des établissements, gage de croissance et d’emploi.

Il convient de noter que ce processus est optimisé sous réserve d’être réalisé dans les meilleures conditions de délai, de qualité, de coût, de sécurité et notamment d’éthique.

L’intelligence économique comporte trois principaux volets que sont :

La veille stratégique : encore appelée cycle de l’information ou du renseignement, il s’agit du processus qui permet à une organisation de surveiller et mieux connaître son environnement pertinent (clients, concurrents, fournisseurs, Etat…etc.). Le cycle de l’information permettant d’accéder à un niveau de connaissance à haute valeur ajoutée nécessaire aux prises de décisions stratégiques, se construit dès l’expression des besoins informationnels et aboutit à la diffusion (sélective) du renseignement final aux décideurs, en passant par la collecte, le traitement et l’analyse des données.

La sécurité économique est le second grand volet de l’IE. Elle porte sur l’ensemble des actions visant à protéger le patrimoine matériel et immatériel d’une organisation. Si l’économie mondialisée offre de nombreux avantages avec la création de nouveaux marchés, elle présente également des risques conséquents liés au renforcement de la concurrence sur ces mêmes marchés ou encore l’exacerbation de la cybercriminalité. Toutes les entreprises possèdent des données, ressources ou innovations stratégiques convoitées par la concurrence, et la perte de ces dernières serait très préjudiciable pour leurs activités. Il est donc impératif que les organisations identifient quelles sont les informations stratégiques qu’elles possèdent, pour ensuite déterminer les menaces qui pèsent sur ces dernières et mettre en place enfin les mesures adéquates pour contrer les éventuelles attaques.

Le troisième volet d’une démarche d’IE est l’influence. Réaliser des actions d’influence consiste concrètement pour une organisation ou un Etat, à utiliser l’information comme levier d’action pour faire valoir ses intérêts auprès des instances de décisions publiques nationales ou internationales. Il s’agit en d’autres termes pour une entreprise, de mener des actions lui permettant de peser autant que possible, sur les décisions publiques régissant son activité. Une démarche d’influence se déroule nécessite de porter une attention particulière à certains facteurs comme la maîtrise de sa communication interne et externe.

Sur le continent africain, on constate que la pratique de l’IE a très faiblement imprégné les pratiques de développement des acteurs économiques.
De ce fait, on ne saurait trop se tromper en disant qu’il y a beaucoup à faire pour permettre aux acteurs politiques et économiques de connaitre et comprendre les avantages nombreux dont ils bénéficieraient en mettant en place des pratiques d’IE. Succinctement, on peut affirmer que l’IE permettrait à l’Afrique, au travers de ses diverses composantes de mieux être à l’écoute du monde, de mieux se protéger, et de mieux se positionner dans son environnement par rapport aux autres puissances.

Les professionnels et politiques seraient grâce à la veille, capables d’obtenir et de s’appuyer sur des renseignements pointus pour la prise de décision stratégique. Les divers dispositifs ou réseaux de veille (renseignements numériques et humains), permettraient réellement de capter des signaux faibles ou forts en amont des grandes évolutions ou décisions mondiales. Les arbitrages et décisions auxquels ils procèderont n’en seraient que plus efficaces et pertinents.

De plus, en terme de sécurité, les entreprises sauraient identifier ce qu’est une véritable information ou un savoir-faire stratégique. Elles sauraient identifier les menaces susceptibles de les impacter et disposeraient des outils pour se protéger des diverses attaques informationnelles ou réputationnelles. Par ailleurs, sachant que le continent africain est souvent lésé dans les négociations internationales, sur les normes ou dans la conclusion de contrats d’affaires, on peut dire que les techniques d’influence permettraient aux représentants politiques de mieux s’imposer dans les débats mondiaux et aux entreprises, de mieux mener leur politique lobbyiste pour influer sur les décisions publiques qui impactent leurs secteurs d’activités.

Le développement économique de l’Afrique, bien amorcé ces dernières années, est une véritable opportunité pour son milliard d’habitants et ses nombreux opérateurs économiques. Il convient cependant d’inclure dans le processus, les éléments ou pratiques nécessaires qui permettront de profiter au maximum de cette croissance.

Nous sommes convaincus que l’intelligence économique peut aider l’ensemble des décideurs à élaborer des stratégies gagnantes qui permettront le décollage économique définitif tant attendu du continent africain.

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